À Propos_
« Je suis Raphaële Anfré, artiste peintre aquarelliste. Avant la peinture, il y a eu le stylisme. Pendant des années, j’ai habillé des corps. Un jour, j’ai eu envie de faire l’inverse, les déshabiller en dessin pour mieux les rhabiller en peinture. C’était aussi une façon de me réconcilier avec mon propre corps, de me le réapproprier en le regardant vraiment, avec attention et bienveillance, en suivant ses courbes, faute de trouver les mots pour le faire autrement.
Mon travail s’articule autour de trois sources d’inspiration qui reviennent sans cesse : la féminité, le végétal et le paysage. Je pars d’une photo ou d’un croquis réalisé lors d’une séance de nu, je choisis la pose entière ou parfois juste un détail — une nuque, une épaule. À travers ces corps de femmes, j’explore l’intime, la pudeur, la relation à soi et au regard de l’autre.
Viennent ensuite les fleurs, que j’invente en assemblant des fragments de fleurs réelles, rarement choisies au hasard : leurs noms, leurs histoires, leurs origines comptent autant que leurs formes. Elles deviennent des partenaires de dialogue avec le corps, entre camouflage et révélation. Peu à peu, je simplifie, j’allège, je laisse respirer mon dessin, et c’est dans ces absences que le corps et le végétal finissent par se fondre l’un dans l’autre, jusqu’à brouiller leurs frontières. Ma peinture se situe ainsi à la croisée du figuratif, parce que les formes restent reconnaissables, et de l’abstrait, par ce jeu de traits qui se rejoignent ou s’effacent.
Les paysages, eux, viennent de mon enfance : ces lieux traversés au fil de mes déménagements, jusqu’à mon arrivée à Paris à dix-huit ans. Ces décors successifs continuent de nourrir ma palette, à travers les couleurs, les lignes et les souvenirs qu’ils m’ont laissés. Je peins à l’aquarelle extra-fine sur papier Arches 100% coton, un medium où l’eau garde toujours sa part de décision — ce que je prenais autrefois pour des défauts, je les recherche aujourd’hui comme une richesse. La couleur, elle, se choisit à l’instinct, au fil de l’humeur du moment, plus que par calcul.
Mes influences vont de Picasso, Miró et Matisse, découverts très tôt, aux Nabis — Sérusier, Bonnard, Vuillard — croisés presque par hasard au musée de Pont-Aven, en passant par Charlotte Perriand, Sophie Taeuber-Arp et Helen Frankenthaler. Chacune de mes œuvres est une invitation à regarder au-delà des apparences, à prendre le temps du détail et de l’ambiguïté. »
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